Glossaire · Référence

Glossaire de la cryptographie post-quantique

Publié le 12 octobre 2026 · Référence · Par Ali Korsi Les termes que vous rencontrerez dans un programme post-quantique, un CBOM ou une revue DORA, NIS2 ou CRA, définis en quelques phrases, sans discours marketing.

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Chaque entrée a son propre lien (le # à côté du terme) pour renvoyer un collègue vers une seule définition. Lorsqu’un guide plus complet existe, il est indiqué sous la définition.

A

AES#
L’Advanced Encryption Standard (FIPS 197), l’algorithme de chiffrement par blocs symétrique le plus déployé. Les ordinateurs quantiques ne le cassent pas : l’algorithme de Grover n’apporte au mieux qu’une accélération quadratique, si bien qu’AES-256 est généralement considéré comme sûr, et certaines recommandations exigent des clés de 256 bits pour une protection de long terme.
Algorithme de Grover#
Un algorithme quantique de recherche qui accélère quadratiquement les attaques par force brute. Il affaiblit les clés symétriques et les fonctions de hachage sans les casser ; la réponse habituelle consiste donc à allonger les clés et les empreintes, pas à changer d’algorithme.
Algorithme de Shor#
Un algorithme quantique (1994) qui factorise les entiers et calcule les logarithmes discrets efficacement. Sur un CRQC, il casserait RSA, Diffie-Hellman et la cryptographie sur courbes elliptiques : c’est le cœur de la menace quantique.
ANSSI#
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Sa doctrine post-quantique privilégie la cryptographie hybride pendant la transition et fixe des attentes pour les produits qualifiés.Pour aller plus loin : ANSSI et hybridation

B

BSI#
L’Office fédéral allemand de la sécurité de l’information (Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik). Sa directive technique TR-02102 fixe les algorithmes et longueurs de clés recommandés, et préconise d’utiliser les algorithmes post-quantiques en combinaison avec des algorithmes classiques.

C

CBOM (cryptographic bill of materials)#
Un inventaire lisible par machine des actifs cryptographiques qu’utilise un système : algorithmes, certificats, protocoles et éléments de clés, avec leurs paramètres et l’endroit où ils ont été trouvés. CycloneDX 1.6 en définit un format standard.Pour aller plus loin : CBOM ou SBOM
Certificat (X.509)#
Un document signé qui associe une clé publique à une identité, comme un nom de serveur ou une organisation. Les certificats sont émis par une autorité de certification au sein d’une PKI et portent un algorithme de signature, une clé et une période de validité, qui ont tous leur place dans un inventaire cryptographique.
CNSA 2.0#
La Commercial National Security Algorithm Suite 2.0 de la NSA américaine (2022). Elle fixe les algorithmes résistants au quantique pour les systèmes de sécurité nationale des États-Unis, dont ML-KEM et ML-DSA à leurs niveaux de paramètres les plus élevés, avec un calendrier de transition jusqu’en 2035. Souvent citée comme référence hors des États-Unis.
CRA (Cyber Resilience Act)#
Le règlement (UE) 2024/2847, qui fixe des exigences de cybersécurité pour les produits comportant des éléments numériques, dont un SBOM et une protection des données à l’état de l’art. Les obligations de signalement s’appliquent depuis le 11 septembre 2026, la plupart des autres à partir du 11 décembre 2027.Pour aller plus loin : CBOM, SBOM et CRA
CRQC (ordinateur quantique cryptographiquement pertinent)#
Un ordinateur quantique assez grand et fiable pour exécuter l’algorithme de Shor sur des tailles de clés réelles, comme RSA-2048. Il n’en existe pas aujourd’hui et les estimations de date varient fortement ; c’est pourquoi les recommandations raisonnent en durée de vie des données et durée de migration plutôt qu’en date unique.
Crypto-agilité#
La capacité à changer d’algorithme, de paramètres ou d’implémentation cryptographique rapidement et sans risque, sans réécrire les systèmes qui les utilisent. Le post-quantique ne sera pas la dernière migration ; l’agilité détermine le coût de chacune des suivantes.Pour aller plus loin : La crypto-agilité expliquée
Cryptographie asymétrique (à clé publique)#
Cryptographie fondée sur une paire de clés : une clé publique que l’on peut partager et une clé privée qui doit rester secrète. Elle sous-tend l’échange de clés, les signatures numériques et les certificats. Les algorithmes à clé publique aujourd’hui déployés (RSA, Diffie-Hellman sur courbes elliptiques ou corps finis) sont ceux qu’un ordinateur quantique casserait.
Cryptographie hybride#
La combinaison d’un algorithme classique et d’un algorithme post-quantique, de sorte que le résultat reste sûr tant que l’un des deux tient. En TLS 1.3, l’exemple courant est l’échange de clés X25519MLKEM768. L’ANSSI et le BSI recommandent l’hybridation pendant la transition.Pour aller plus loin : ANSSI et hybridation
Cryptographie post-quantique (PQC)#
Des algorithmes classiques, exécutés sur les ordinateurs actuels, conçus pour résister aux attaques d’ordinateurs quantiques. À ne pas confondre avec la cryptographie quantique : la PQC est un changement logiciel et protocolaire, pas un nouveau matériel.Pour aller plus loin : Checklist post-quantique RSSI
CycloneDX#
Un standard ouvert de nomenclature logicielle issu de la communauté OWASP. La version 1.6 a ajouté les actifs cryptographiques : le même format porte un SBOM et un CBOM.Pour aller plus loin : Générateur de CBOM

D

DORA#
Le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique (règlement (UE) 2022/2554), applicable aux entités financières depuis le 17 janvier 2025. L’article 9 et les RTS sur la gestion du risque lié aux TIC (règlement délégué 2024/1774) comportent des exigences sur le chiffrement et les contrôles cryptographiques.

E

ECC, ECDH et ECDSA#
La cryptographie sur courbes elliptiques et ses deux usages les plus courants : ECDH pour l’échange de clés et ECDSA pour les signatures (EdDSA et X25519 en sont proches). Efficaces et très déployés, ils sont cassés par l’algorithme de Shor au même titre que RSA.
ENISA#
L’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité. Elle accompagne la mise en œuvre de NIS2 et des autres textes européens de cybersécurité et publie des recommandations, notamment sur la cryptographie post-quantique.

F

Feuille de route post-quantique de l’UE#
La feuille de route coordonnée publiée par le groupe de coopération NIS en juin 2025, à la suite de la recommandation 2024/1101 de la Commission. Elle attend des premières étapes, dont les inventaires, d’ici fin 2026, la migration des cas d’usage à haut risque d’ici fin 2030, et du plus grand nombre de systèmes possible d’ici 2035.Pour aller plus loin : Échéances 2026, 2030, 2035
FIPS 203, 204 et 205#
Les trois premières normes post-quantiques du NIST, publiées en août 2024 : FIPS 203 (ML-KEM), FIPS 204 (ML-DSA) et FIPS 205 (SLH-DSA).
FN-DSA#
Un schéma de signature fondé sur les réseaux euclidiens, dérivé de Falcon, en cours de normalisation par le NIST sous le nom FIPS 206. Ses signatures sont plus courtes que celles d’ML-DSA, au prix d’une implémentation plus délicate.
Fonction de hachage (SHA-1, SHA-2, SHA-3)#
Une fonction qui associe des données à une empreinte de taille fixe, utilisée pour l’intégrité, les signatures et les mots de passe. SHA-1 est cassé (des collisions pratiques ont été démontrées en 2017) et doit être retiré indépendamment du risque quantique ; SHA-2 et SHA-3 restent recommandés.

H

HNDL (harvest now, decrypt later)#
Le fait d’enregistrer aujourd’hui du trafic ou des données chiffrés pour les déchiffrer une fois un ordinateur quantique disponible. Il fait du risque quantique un sujet actuel pour toute donnée qui doit rester confidentielle pendant des années.
HQC#
Un mécanisme d’encapsulation de clés fondé sur les codes correcteurs, retenu par le NIST en mars 2025 comme alternative à ML-KEM, afin de disposer d’un second KEM reposant sur des mathématiques différentes.
HSM (module matériel de sécurité)#
Un équipement résistant aux attaques physiques qui génère, stocke et utilise des clés sans les exposer. Le firmware et la certification des HSM rythment souvent la migration post-quantique, car les nouveaux algorithmes doivent d’abord y être supportés.

I

Inégalité de Mosca#
Une règle empirique de Michele Mosca : si la durée pendant laquelle vos données doivent rester secrètes (x) plus la durée de migration (y) dépasse le temps avant l’arrivée d’un CRQC (z), vous êtes déjà en retard. C’est pourquoi la durée de vie des données détermine la priorité.
Inventaire cryptographique#
Une liste à jour, fondée sur des preuves, des endroits où la cryptographie est utilisée dans le code, les certificats, les endpoints et les magasins de clés. Le premier jalon de la feuille de route post-quantique de l’UE attend qu’il soit engagé d’ici fin 2026. Le CBOM en est la forme standard lisible par machine.Pour aller plus loin : Feuille de route PQC de l’UE

K

KEM (mécanisme d’encapsulation de clés)#
Une méthode à clé publique pour établir un secret partagé : une partie encapsule un secret aléatoire sous la clé publique de l’autre. L’établissement de clés post-quantique, comme ML-KEM, utilise des KEM plutôt qu’un accord de clés de type Diffie-Hellman.

L

LMS et XMSS#
Des schémas de signature à base de hachage avec état, spécifiés dans le NIST SP 800-208. Prudents et déjà normalisés, ils imposent de ne jamais réutiliser une clé à usage unique, ce qui convient mieux à la signature de firmwares et de code qu’à un usage général.Pour aller plus loin : PQC pour l’énergie

M

ML-DSA#
Module-Lattice-Based Digital Signature Algorithm, normalisé dans FIPS 204 (dérivé de CRYSTALS-Dilithium). La principale signature post-quantique généraliste, avec trois jeux de paramètres : ML-DSA-44, -65 et -87. Clés et signatures sont nettement plus volumineuses que celles d’ECDSA.
ML-KEM#
Module-Lattice-Based Key-Encapsulation Mechanism, normalisé dans FIPS 203 (dérivé de CRYSTALS-Kyber). Le principal remplaçant post-quantique de RSA et de l’échange de clés sur courbes elliptiques, avec trois jeux de paramètres : ML-KEM-512, -768 et -1024.

N

NCSC#
Le National Cyber Security Centre britannique. Son calendrier de migration de 2025 demande d’achever la découverte et la planification d’ici 2028, de migrer les systèmes prioritaires d’ici 2031 et de terminer la migration d’ici 2035.
NIS2#
La directive (UE) 2022/2555 concernant un niveau élevé commun de cybersécurité. L’article 21(2)(h) exige des politiques relatives à la cryptographie et, le cas échéant, au chiffrement ; le règlement d’exécution 2024/2690 en précise la portée pour de nombreux fournisseurs de services numériques.Pour aller plus loin : NIS2 article 21 et cryptographie
NIST IR 8547#
Un projet du NIST (novembre 2024) sur la transition vers les normes post-quantiques. Il propose de déprécier les algorithmes à clé publique vulnérables au quantique après 2030 et de les interdire après 2035.

P

PKI (infrastructure à clés publiques)#
Les autorités de certification, politiques et processus qui émettent, renouvellent et révoquent les certificats. La durée de vie des certificats racines, le support des HSM et la compatibilité des parties utilisatrices font de la PKI l’un des chantiers les plus longs d’une migration post-quantique.

Q

QKD (distribution quantique de clés)#
L’utilisation de la physique quantique pour distribuer des clés sur des liaisons dédiées. Elle exige un matériel spécifique et n’assure pas à elle seule l’authentification ; les agences européennes, dont l’ANSSI et le BSI, privilégient la cryptographie post-quantique comme voie principale de migration.

R

RSA#
L’algorithme à clé publique le plus déployé, utilisé pour le chiffrement, le transport de clés et les signatures. Sa sécurité repose sur la factorisation de grands nombres, que l’algorithme de Shor rendrait praticable sur un CRQC ; allonger les clés n’y change rien.

S

SARIF#
Static Analysis Results Interchange Format, un standard OASIS pour les résultats des outils d’analyse de code. Les plateformes de code scanning le lisent pour afficher les findings au bon fichier et à la bonne ligne.Pour aller plus loin : Cryptographie en CI/CD
SBOM (nomenclature logicielle)#
Une liste lisible par machine des composants dont un produit est fait : bibliothèques, versions, identifiants de paquets, licences et dépendances. Obligatoire pour les fabricants au titre du CRA. Il ne montre pas comment la cryptographie est utilisée.Pour aller plus loin : CBOM ou SBOM
SLH-DSA#
Stateless Hash-Based Digital Signature Algorithm, normalisé dans FIPS 205 (dérivé de SPHINCS+). Sa sécurité ne repose que sur les fonctions de hachage, ce qui en fait un choix prudent pour les racines de longue durée et les firmwares, au prix de signatures volumineuses et d’une signature plus lente.
Suite cryptographique (cipher suite)#
La combinaison d’algorithmes qu’une connexion TLS utilise pour l’échange de clés, l’authentification, le chiffrement et l’intégrité. Ce qu’un serveur négocie réellement peut différer de ce que suggère sa configuration, d’où l’intérêt d’inspecter les endpoints en direct.

T

TLS 1.3#
La version actuelle du protocole Transport Layer Security, qui protège l’essentiel du trafic réseau. L’échange de clés hybride post-quantique est déjà déployé en TLS 1.3 par les principaux navigateurs et fournisseurs ; les certificats post-quantiques sont moins avancés.

V

Vague de migration#
Un groupe de systèmes migrés ensemble, ordonné selon le risque et les dépendances. Planifier par vagues transforme « tout migrer » en une séquence que les équipes peuvent exécuter et budgéter.Pour aller plus loin : Estimer le périmètre d’impact

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